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« Il y en a un peu plus, je vous les mets quand même ? » Quand va-t-on s’arrêter ?

Updated: Oct 5, 2021



En 15 ans, New Wind, filiale d’une multinationale espagnole, aura complètement envahi d’éoliennes les plaines qui s’étendent entre les villages de Boussu, Barbençon, Solre-Saint-Géry et Renlies tout en encerclant les villages de Vergnies et d’Erpion.

Chronique en 4 épisodes d’une vague irrépressible :

1. Un premier parc à Beaumont-Froidchapelle : 10 éoliennes

C’est en 2005 que la société New Wind qui s’appelait alors Green Wind annonce son projet d’installer 17 éoliennes à proximité de Boussu-lez-Walcourt, 8 sur le territoire de Beaumont, 9 sur celui de Froidchapelle. Suite aux réclamations des Communes et des riverains et à l’étude des contraintes locales, la société se résigne à faire une demande de permis pour 10 éoliennes, dont 9 sur le territoire de Beaumont (Barbençon). La demande de permis est refusée par les Fonctionnaires délégué et technique. En recours, la société obtiendra cependant gain de cause, le ministre André Antoine (CDH) délivrant le permis. Les éoliennes sont installées dans le courant de l’année 2009.


2. Un deuxième parc à Barbençon-Vergnies : 6 éoliennes + 1 éolienne

En janvier 2009, les 10 premières éoliennes de Beaumont-Froidchapelle ne sont pas encore installées que la société annonce déjà son intention d’installer 7 éoliennes supplémentaires. Cette demande de permis est dans un premier temps « recalée » par la Région Wallonne en 2011. Qu’à cela ne tienne, la société revient en 2013 avec un projet quasi identique. Il faut dire que le marché de l’éolien devient très juteux, largement assuré et soutenu par les certificats verts. Malgré toutes les contraintes environnementales, le permis est accordé en 2014 et les éoliennes sont érigées dès 2016. Ce parc de 7 éoliennnes est géré actuellement par Elawan Energy Beaumont, succursale de la société-mère espagnole Elawan Energy, basée à Madrid. Selon les comptes déposés à la Banque nationale, l’exploitation des 7 éoliennes a permis en 2019 de percevoir des certificats verts pour un montant de 2.421.890 € et de redistribuer des bénéfices aux administrateurs espagnols pour un montant de 2.582.508,24 €, largement financés par le contribuable wallon !


3. Un troisième parc à Renlies : 7 éoliennes

En 2017, New Wind annonce son intention de créer un parc de 6 éoliennes à Renlies. C’est finalement une demande de permis pour 7 éoliennes qui sera déposée en novembre 2018. Le permis sollicité est refusé par les Fonctionnaires technique et délégué car, entre autres, son implantation déroge aux dispositions du nouveau Code d’aménagement du territoire (CoDT). Qu’à cela ne tienne, la société redépose une demande quasi identique en juin 2020. On ne sait pour quelles raisons, les Fonctionnaires technique et délégué modifient à 360 degrés leur jugement initial en ce qui concerne la dérogation au CoDT et accordent le permis en janvier 2021. La Commune de Beaumont et plusieurs riverains déposent des recours contre cette décision inexplicable. Ils sont «déboutés », les ministres Borsus (MR) et Tellier (Ecolo) accordant le permis en juillet de cette année. Sans aucune hésitation, la Commune de Beaumont a introduit un recours au Conseil d’Etat contre cette décision.



4. Un quatrième parc à Renlies (Renlies 2) : 5 éoliennes

La deuxième demande de permis pour le parc Renlies 1 n’était pas encore déposée que le promoteur éolien avait fait part en mars 2019 de son projet d’installer un quatrième parc de 7 éoliennes (Renlies 2). La même semaine, un autre promoteur, Clef, annonçait également son intention d’installer sur le même site 7 éoliennes. La course contre la montre était dès lors engagée. New Wind est aujourd’hui le premier à soumettre son projet à enquête publique. Il a réduit sa demande à 5 éoliennes, tout en précisant qu’il serait tout à fait envisageable à l’avenir de prévoir encore 4 éoliennes supplémentaires…


Que retenir de cette déferlante ?

D’abord quelques chiffres : 2 parcs installés comprenant 17 éoliennes, un parc autorisé de 7 éoliennes (Renlies 1) et, aujour’hui, une demande pour 5 nouvelles éoliennes. Cela fait 29 éoliennes au total, qui, selon le promoteur, formeront un ensemble dont « la lisibilité est complexe mais groupée » …

Il en va, en réalité, des projets éoliens comme des séries sur Netflix. Dès que le promoteur voit que « ça prend », il prépare déjà la saison suivante. On a affaire ici à un saucissonnage en tranches successives d’un même projet : c’était clair pour les 17 premières éoliennes de Beaumont-Froichapelle, c’est tout aussi clair pour les éoliennes de Renlies 1 et Renlies 2. Cette façon de faire permet d’échapper à une évaluation d’un projet industriel dans toute sa globalité. C’est contraire à la loi.

De projet en projet, les contraintes en matière d’habitat, d’environnement, de paysage sont de plus en plus fortes. Du côté des Autorités compétentes, ce qui était rédhibitoire pour les premiers parcs semble devenu acceptable aujourd’hui. En l’absence d’un cadre juridique clair et stabilisé, les promoteurs persistent donc et continuent à « tenter le coup » tant qu’ils « gagnent». Ainsi, de projet en projet, on se rapproche chaque fois un peu plus des habitations mais comme on a obtenu gain de cause pour une exception lors du projet précédent, on peut donc multiplier les exceptions pour le projet suivant. Ainsi, pour le projet Renlies 2, soumis à enquête publique, tous les garde-fous sont ignorés : l’implantation du parc projeté déroge de nouveau au CoDT, de surcroît en plein milieu d’une zone d’exclusion paysagère ; le parc se répartit de part et d’autre d’une zone forestière, à 400 mètres d’un site Natura 2000, en plein milieu bocager, aucune distance de garde par rapport aux éléments naturels n’étant respectée pour aucune des éoliennes ; les normes de bruit sont dépassées pour toutes les modèles proposés ; idem pour l’effet d’ombres projetées sur l’habitat ; idem pour la covisibilité des parcs et l’effet d’envahissement qu’induira la présence de 29 éoliennes au pied des villages. De projet en projet, de plus en plus d’espèces d’oiseaux en voie de disparition et de chauve-souris (10 espèces) se trouvent menacées au sein d’un biotope pourtant exceptionnel désormais complètement investi par les éoliennes.

Que faire ?

Il est plus que temps de s’opposer à ce rouleau-compresseur qui défie toutes les normes en vigueur. Nous demandons aux responsables politiques de la Région Wallonne de faire appliquer strictement les normes, de fixer un cadre juridique clair, de mettre fin à un développement anarchique de l’éolien en définissant une planification globale et cohérente de son développement, respectueuse du cadre de vie, des paysages et de la biodiversité.

Nous soutenons la Commune de Beaumont dans le recours qu’elle a introduit auprès du Conseil d’Etat contre l’autorisation de Renlies 1.

Nous nous opposons fermement à l’érection de 5 éoliennes supplémentaires (Renlies 2).

Pour nous aider dans notre action, nous vous invitons à signer une nouvelle pétition.

Nous vous remercions de votre soutien.

Le comité de riverains

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